Les 17 ODD vus par les professeurs de KEDGE #ODD2 "Faim Zéro"

15/05/2026
L'ODD 2 "Faim Zéro" est le deuxième Objectif de Développement Durable fixé par l'ONU dans le cadre de l'Agenda 2030 : il vise à éliminer la faim, garantir la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable à l'échelle mondiale. Alors que les pays occidentaux gaspillent environ 40 % de leur production alimentaire, près de 800 millions de personnes souffrent encore de malnutrition selon la FAO. C'est ce paradoxe fondamental qu'analyse Xavier Hollandts, Professeur à KEDGE.

Découvrez la série : les 17 ODD vus par les professeurs de KEDGE

Cette vidéo fait partie d'une série complète produite par KEDGE : 17 vidéos, 17 objectifs, portés par les professeurs-chercheurs de l'école. Chaque épisode explore un ODD à travers le prisme de la recherche et de l'engagement pédagogique.

1 milliard de repas jetés par jour : le scandale du gaspillage alimentaire

Chaque jour, environ 1 milliard de repas sont jetés dans les pays occidentaux, tandis qu'une personne sur trois dans le monde se trouve en situation de précarité alimentaire. Ce chiffre, rappelé par Xavier Hollandts en ouverture de la vidéo, dit l'essentiel : le problème de la faim dans le monde n'est pas d'abord un problème de production, mais un problème de répartition.

"Nous produisons en théorie suffisamment de denrées alimentaires, mais une grande partie de la population mondiale souffre de malnutrition ou ne mange tout simplement pas à sa faim", souligne le professeur.

Les pays riches accumulent des surplus, développent des pathologies liées à la surconsommation, et éliminent massivement des aliments encore consommables. Pendant ce temps, des centaines de millions d'individus n'ont pas accès à une alimentation suffisante ou de qualité. Ce déséquilibre structurel est au cœur de l'objectif Faim Zéro.

Pourquoi produit-on assez mais mange-t-on mal ? Les causes du déséquilibre alimentaire mondial

La production agricole mondiale suffit théoriquement à nourrir l'ensemble de la population, mais sa distribution reste profondément inégale — ce décalage est la première cause de l'insécurité alimentaire mondiale. Plusieurs facteurs s'additionnent pour creuser ce fossé.

La production agricole est par nature variable : elle dépend du climat, qui se dérègle sous l'effet du réchauffement, et des aléas qui pèsent directement sur les rendements et les prix. Quand les récoltes sont mauvaises, les prix alimentaires s'envolent — hors de portée pour des populations déjà vulnérables. Mais le problème majeur reste le déséquilibre géographique : certaines régions du monde disposent d'un surplus alimentaire structurel, quand d'autres en manquent cruellement. Ce n'est pas un manque de ressources au niveau global, c'est une incapacité à les redistribuer équitablement.

Xavier Hollandts, dont les travaux portent sur la gouvernance des coopératives agricoles — acteurs clés de la collecte, de la transformation et de la distribution des produits —, insiste sur la nécessité de réformer en profondeur les systèmes agroalimentaires pour corriger ces déséquilibres à la racine.

Vers une révolution agricole : les priorités pour atteindre l'ODD 2 d'ici 2030

Atteindre la sécurité alimentaire mondiale d'ici 2030 implique d'agir simultanément sur trois leviers : rééquilibrer la production, réduire le gaspillage et développer des pratiques agricoles durables. Le programme, comme le dit Xavier Hollandts, "est chargé".
Du côté des pays en développement, l'enjeu est d'aider à construire une agriculture plus productive, plus fiable et mieux adaptée aux besoins locaux.

Du côté des pays occidentaux, cela suppose de développer une véritable culture antigaspillage et de revoir en profondeur les habitudes de consommation — notamment en réduisant la consommation de viande et en valorisant les légumineuses comme les lentilles ou les pois, moins gourmandes en ressources.

Pour répondre aux défis de demain — nourrir 10 milliards d'êtres humains en 2050, sur des terres agricoles menacées par l'acidification des sols, la montée des eaux et la pression foncière —, plusieurs pistes concrètes existent :

  • Les fermes locales, urbaines et verticales, qui produisent au plus près des consommateurs en optimisant les surfaces disponibles.
  • Les solutions agroécologiques, qui permettent de produire avec moins d'eau et un impact environnemental réduit.
  • Les innovations qui améliorent les rendements ou permettent de reconquérir des terres dégradées ou désertiques.

Toutes ces approches partagent le même objectif : mieux nourrir les populations tout en préservant les ressources naturelles, à commencer par les terres agricoles elles-mêmes.

Finance responsable et coopératives : le rôle des acteurs économiques dans la transition alimentaire

Les coopératives agricoles jouent un rôle central dans la transition vers des systèmes alimentaires plus durables : elles organisent la production, mutualisent les risques et peuvent orienter collectivement les pratiques vers plus de sobriété et d'équité. C'est précisément ce terrain que Xavier Hollandts explore dans ses recherches sur la gouvernance coopérative.

À KEDGE, cette expertise nourrit directement les formations en finance responsable. Les étudiants y apprennent à concevoir et déployer des outils financiers innovants capables de soutenir des pratiques agricoles plus vertueuses. Il ne s'agit pas de financer la transition alimentaire en théorie, mais de former des professionnels qui sauront mobiliser une finance à impact positif au service de projets concrets — qu'il s'agisse de soutenir une coopérative céréalière engagée dans l'agroécologie ou de financer le développement de filières alimentaires locales dans des territoires sous-approvisionnés.

Le Révélateur : quand les ODD entrent dans l'oral d'admission

L'engagement de KEDGE envers les Objectifs de Développement Durable ne commence pas après l'admission — il commence dès l'entretien de personnalité. Depuis 2024, les oraux d'admission du Programme Grande École s'organisent autour d'un dispositif inédit : le Révélateur.
Conçu pour révéler le potentiel et les qualités uniques de chaque candidat, le Révélateur structure l'entretien de 30 minutes autour d'un jeu de cinq cartes tirées au sort :

  • La carte Trait d'union — détermine l'un des 17 ODD auquel le candidat devra faire référence tout au long de l'entretien.
  • La carte Autoportrait — un mot pour guider la présentation du parcours personnel, en 3 minutes.
  • La carte Trait de pensée — une affirmation à défendre ou contredire, avec invitation à établir des liens avec l'ODD tiré.
  • La carte Trait d'action — un verbe d'action pour proposer des idées concrètes et originales en lien avec l'ODD.
  • La carte Trait d'esprit — un court paradoxe à explorer, qui révèle réactivité, adaptabilité et vivacité d'esprit. 

Questions fréquentes sur l'ODD 2 Faim Zéro

Qu'est-ce que l'ODD 2 "Faim Zéro" ?

L'ODD 2 est le deuxième Objectif de Développement Durable de l'Agenda 2030 des Nations Unies. Il vise à éliminer la faim dans le monde, garantir la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition pour tous et promouvoir une agriculture durable. Son horizon cible est l'année 2030.

Combien de personnes souffrent de malnutrition dans le monde ?

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), près de 800 millions de personnes souffrent actuellement de malnutrition à l'échelle mondiale. Ce chiffre coexiste paradoxalement avec un gaspillage alimentaire massif dans les pays occidentaux.

Pourquoi gaspille-t-on autant alors que des millions de personnes ont faim ?

Le paradoxe tient à un déséquilibre structurel dans la distribution des ressources alimentaires mondiales. Les pays riches produisent et éliminent des surplus, tandis que de nombreuses régions n'ont pas accès à une alimentation suffisante faute de moyens ou d'infrastructures. Comme l'explique Xavier Hollandts, le problème n'est pas la quantité produite globalement, mais l'incapacité à répartir équitablement cette production.

Quelles sont les solutions concrètes pour atteindre la sécurité alimentaire mondiale ?

Les principales pistes identifiées combinent agriculture locale et urbaine, agroécologie, réduction du gaspillage alimentaire et développement de pratiques plus sobres dans les pays occidentaux. Sur le plan économique, la finance à impact et les coopératives agricoles constituent des leviers essentiels pour financer et organiser cette transition à grande échelle.
En quoi l'agriculture durable contribue-t-elle à l'objectif Faim Zéro ?

Une agriculture durable permet de produire durablement sur des terres préservées, avec moins d'eau et d'intrants chimiques, tout en maintenant des rendements suffisants. Elle réduit la dépendance aux aléas climatiques et limite la dégradation des sols — une condition indispensable pour garantir la capacité nourricière de la planète à long terme.