Pour KEDGE Business School, cet objectif ne relève pas seulement de la politique internationale : il engage directement les organisations et les managers de demain. Cuiling Jiang, professeure à KEDGE, décrypte dans cette vidéo ce que l'ODD 10 implique concrètement pour les entreprises — et quelles actions permettent d'avancer, dès aujourd'hui.
Découvrez la série : les 17 ODD vus par les professeurs de KEDGE
Cette vidéo fait partie d'une série complète produite par KEDGE : 17 vidéos, 17 objectifs, portés par les professeurs-chercheurs de l'école. Chaque épisode explore un ODD à travers le prisme de la recherche et de l'engagement pédagogique.
L'ODD 10 : de quoi parle-t-on exactement ?
L'ODD 10 — Inégalités Réduites — est l'un des 17 objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies dans le cadre de l'Agenda 2030. Il reconnaît que les inégalités, qu'elles soient économiques ou sociales, freinent le développement collectif et la cohésion des sociétés. Malgré des progrès réels depuis plusieurs décennies, le chemin vers une égalité effective reste long.
Ces inégalités prennent des formes multiples. Cuiling Jiang en identifie quatre grandes dimensions :
- Les écarts financiers au sein d'un même pays et entre les pays
- Les inégalités sociales liées au genre, à la race, à l'ethnie, au handicap, à l'âge ou à l'orientation sexuelle
- L'accès inégal à l'éducation, persistant dans de nombreuses régions du monde
- L'accès inégal aux soins, qui creuse encore les disparités entre populations
Face à ces réalités, les institutions — et les entreprises — ont un rôle central à jouer pour promouvoir l'équité et la justice sociale.
Pourquoi les inégalités sont aussi un problème pour les organisations.
Les inégalités en entreprise ne sont pas uniquement une question éthique : elles ont un impact direct sur la performance, la créativité et l'attractivité des organisations. Une entreprise qui perpétue des écarts — de rémunération, d'accès aux responsabilités, de protection sociale — se prive de talents, fragilise sa cohésion interne et s'expose à un risque réputationnel croissant.
À l'inverse, les organisations qui s'engagent activement dans la réduction des inégalités gagnent en légitimité, en innovation et en capacité à retenir leurs collaborateurs. Dans un contexte où les candidats, notamment les jeunes diplômés, examinent de près les politiques RSE avant de rejoindre une entreprise, l'inclusion est devenue un critère de différenciation concret.
C'est précisément cet angle — celui du management international confronté aux réalités des inégalités mondiales — que Cuiling Jiang explore dans ses enseignements à KEDGE. Comprendre les inégalités, c'est aussi comprendre les marchés, les équipes et les enjeux de gouvernance à l'échelle globale.
Trois leviers concrets pour agir en entreprise
Réduire les inégalités en entreprise est, comme le reconnaît Cuiling Jiang, plus facile à dire qu'à faire. Cela ne signifie pas pour autant que les organisations sont démunies. Trois leviers permettent d'agir de façon structurée.
- Identifier les priorités là où l'écart est le plus grand
Avant d'agir, il faut mesurer. Cartographier les inégalités internes — salariales, d'accès à la formation, de représentation aux postes de direction — permet de concentrer les efforts là où ils auront le plus d'impact. Comme le rappelle van Gogh, cité par Cuiling Jiang : "les grandes choses sont accomplies par une série de petites choses mises ensemble". - S'engager dans la durée, pas seulement dans l'affichage
Les politiques d'inclusion ne produisent d'effets durables que si elles sont ancrées dans les processus RH, les critères d'évaluation et la culture managériale. Un engagement ponctuel — une campagne de communication, une journée thématique — ne suffit pas à changer les pratiques. - Étendre la protection sociale à tous les collaborateurs, partout
Dans les organisations internationales, les inégalités de traitement entre pays d'implantation sont souvent invisibles mais significatives. Harmoniser vers le haut les niveaux de protection — congés, couverture santé, accompagnement du handicap — est l'un des actes les plus concrets qu'une multinationale puisse poser.
L'Oréal et le programme Share and Care : un cas d'école
Lancé en 2013, le programme Share and Care de L'Oréal illustre concrètement ce que peut faire une multinationale pour réduire les inégalités entre ses collaborateurs à l'échelle mondiale. Son principe est simple : garantir à tous les employés du groupe, quel que soit leur pays de résidence, un niveau élevé de protection sociale.
Deux mesures phares illustrent cette ambition. D'abord, L'Oréal assure un minimum de 24 mois de salaire aux personnes atteintes d'un handicap — une protection loin d'être universelle selon les législations nationales. Ensuite, le groupe garantit au moins 14 semaines de congé maternité ou paternité à l'ensemble de ses salariés, là encore indépendamment du cadre légal local.
Ces engagements ne relèvent pas du symbole. Ils traduisent une conviction managériale : l'équité interne est une condition de la performance collective, pas un coût.
Ce que l'on apprend à KEDGE sur les inégalités et le management
KEDGE Business School intègre les 17 objectifs de développement durable dans ses programmes d'enseignement, convaincue que former des managers responsables passe par une compréhension concrète des grands défis sociaux et économiques mondiaux. L'ODD 10 occupe une place particulière dans cette démarche : il interroge directement les pratiques RH, les politiques de rémunération et les modèles d'organisation que les futurs diplômés auront à piloter.
La vidéo de Cuiling Jiang sur l'ODD 10 fait partie d'une série de 17 contenus pédagogiques, dans lesquels les professeurs de KEDGE décodent chaque objectif à travers le prisme du management et de l'entreprise. Une façon de rendre les ODD opérationnels — et d'outiller chaque étudiant pour devenir, à son échelle, un acteur du changement.
Le Révélateur : quand les ODD entrent dans l'oral d'admission
L'engagement de KEDGE envers les Objectifs de Développement Durable ne commence pas après l'admission — il commence dès l'entretien de personnalité. Depuis 2024, les oraux d'admission du Programme Grande École s'organisent autour d'un dispositif inédit : le Révélateur.
Conçu pour révéler le potentiel et les qualités uniques de chaque candidat, le Révélateur structure l'entretien de 30 minutes autour d'un jeu de cinq cartes tirées au sort :
- La carte Trait d'union — détermine l'un des 17 ODD auquel le candidat devra faire référence tout au long de l'entretien.
- La carte Autoportrait — un mot pour guider la présentation du parcours personnel, en 3 minutes.
- La carte Trait de pensée — une affirmation à défendre ou contredire, avec invitation à établir des liens avec l'ODD tiré.
- La carte Trait d'action — un verbe d'action pour proposer des idées concrètes et originales en lien avec l'ODD.
- La carte Trait d'esprit — un court paradoxe à explorer, qui révèle réactivité, adaptabilité et vivacité d'esprit.
FAQ : vos questions sur l'ODD 10 et les inégalités en entreprise
Qu'est-ce que l'ODD 10 et pourquoi est-il important ?
L'ODD 10 — Inégalités Réduites — est le dixième objectif de développement durable de l'Agenda 2030 des Nations Unies. Il vise à réduire les inégalités économiques et sociales à l'intérieur des pays et entre eux. Son importance tient au fait que les inégalités freinent la croissance, déstabilisent les sociétés et limitent l'accès aux opportunités pour une large partie de la population mondiale.
Quelles sont les principales causes des inégalités en entreprise ?
Les inégalités en entreprise trouvent leurs racines dans des facteurs structurels : écarts de rémunération liés au genre ou à l'origine, accès inégal à la formation et aux postes de responsabilité, différences de protection sociale selon les pays d'implantation, et biais inconscients dans les processus de recrutement et d'évaluation.
Comment une entreprise peut-elle concrètement réduire les inégalités ?
Trois leviers principaux : identifier et mesurer les écarts internes pour cibler les priorités, inscrire les engagements d'inclusion dans les processus RH de façon durable, et harmoniser vers le haut les niveaux de protection sociale pour tous les collaborateurs, quel que soit leur pays. L'exemple du programme Share and Care de L'Oréal montre que cette ambition est réalisable à grande échelle.
Quelles compétences faut-il développer pour agir sur les inégalités en organisation ?
Agir sur les inégalités requiert des compétences en management interculturel, en analyse des pratiques RH, en gouvernance responsable et en leadership inclusif. Ces compétences s'acquièrent notamment par l'étude de cas concrets d'entreprises engagées — une approche au cœur de la pédagogie de KEDGE Business School.
Quel rôle jouent les écoles de management dans la lutte contre les inégalités ?
Les écoles de management forment les décideurs de demain. En intégrant les ODD — et notamment l'ODD 10 — dans leurs programmes, elles contribuent à former des managers capables d'identifier les inégalités dans leurs organisations et d'y apporter des réponses concrètes. KEDGE s'inscrit dans cette démarche à travers sa série pédagogique sur les 17 ODD.