#ODD 7 — Énergie propre et d'un coût abordable-Les 17 ODD vus par les professeurs de KEDGE

18/06/2026
"Tout est énergie et c'est là tout ce qu'il y a à comprendre dans la vie." Cette affirmation, souvent attribuée à Albert Einstein, introduit parfaitement l'ODD 7 — Énergie propre et d'un coût abordable — tel que le présente Guillaume Barbat, professeur à KEDGE Business School.

La consommation mondiale d'énergie a doublé en quarante ans. Les émissions de CO2 liées à l'énergie ont battu un nouveau record en 2024. Et près de 9 % de l'humanité n'avait toujours pas accès à l'énergie en 2021. Ces trois chiffres suffisent à mesurer l'ampleur du défi que l'ODD 7 entend relever d'ici 2030.

Face à cette réalité, KEDGE Business School mobilise ses enseignants-chercheurs pour former des professionnels capables de comprendre les enjeux énergétiques et d'agir concrètement.

Découvrez la série : les 17 ODD vus par les professeurs de KEDGE

Cette vidéo fait partie d'une série complète produite par KEDGE : 17 vidéos, 17 objectifs, portés par les professeurs-chercheurs de l'école. Chaque épisode explore un ODD à travers le prisme de la recherche et de l'engagement pédagogique.

L'énergie au cœur des enjeux contemporains

Qu'est-ce que l'énergie, exactement ?

Pour cadrer son propos, Guillaume Barbat s'appuie sur la définition de Jean-Marc Jeancovici, ingénieur et auteur de la bande dessinée Le Monde sans fin : l'énergie, c'est "ce qui nous permet de transformer notre environnement" — en modifiant une température grâce à une pompe à chaleur, ou en augmentant notre vitesse de déplacement grâce à l'avion.

Cette définition en apparence simple révèle à quel point l'énergie conditionne l'ensemble des activités humaines : logement, mobilité, agriculture, industrie, numérique. Selon les données du ministère français en charge de l'énergie, que cite Guillaume Barbat, la consommation mondiale représentait en moyenne 22 MWh par habitant en 2022 — avec des écarts considérables : 34 MWh par habitant en Europe, contre seulement 7 en Afrique. L'accès à l'énergie n'est pas un acquis universel. C'est d'abord une question d'équité.

Énergies de stock contre énergies de flux : une distinction fondamentale

Pour comprendre les enjeux de la transition énergétique, Guillaume Barbat distingue deux grandes familles d'énergie :

  • Les énergies de stock — charbon, pétrole, gaz, uranium — reposent sur des réserves finies. Les trois premières sont fortement émettrices de CO2 et contribuent directement au dérèglement climatique.
  • Les énergies de flux — solaire, éolien, hydroélectricité — sont renouvelables, infinies et décarbonées. Elles constituent le socle d'un mix énergétique durable.

 Or, notre économie mondiale repose encore massivement sur les premières. C'est précisément cette dépendance que l'ODD 7 appelle à rompre.

Précarité énergétique : une fracture mondiale à ne pas sous-estimer

La précarité énergétique ne concerne pas uniquement les pays en développement. Elle désigne toute situation où des individus ou des ménages n'ont pas accès à des services énergétiques suffisants, fiables et abordables.

Guillaume Barbat rappelle qu'en Afrique subsaharienne, le taux d'électrification est inférieur à 50 % — le plus faible de la planète. À l'échelle mondiale, près de 9 % de l'humanité n'avaient pas accès à l'énergie en 2021. Lutter contre la précarité énergétique, c'est lutter contre les inégalités sociales. C'est aussi une condition sine qua non du développement durable.

L'ODD 7 fixe des objectifs clairs à horizon 2030 :

  • Réduire la précarité énergétique des populations les plus pauvres en leur donnant accès à des énergies propres et bon marché.
  • Augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial.
  • Limiter le gaspillage énergétique.
  • Renforcer la coopération internationale pour faciliter l'accès aux technologies d'énergie propre.   

Des solutions existent : exemples concrets de transition énergétique

La centrale solaire de Ouarzazate : un modèle à suivre

Guillaume Barbat cite la centrale solaire de Ouarzazate comme illustration concrète de ce que la transition énergétique peut produire à grande échelle. Inscrite dans la stratégie énergétique nationale marocaine, elle s'intègre dans un objectif ambitieux : porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national à plus de 52 % en 2030. Un exemple qui démontre qu'entre volonté politique, investissement et technologie, la transition est possible.

Le Shift Project : sensibiliser pour agir

En France, le Shift Project — composé de scientifiques et de bénévoles — travaille à sensibiliser le grand public et les entreprises aux enjeux climat-énergie. Ce groupe de réflexion rappelle que la transition ne peut pas reposer sur les seuls États : elle mobilise des acteurs académiques, économiques et civils.

KEDGE face aux enjeux de l'ODD 7 : former les acteurs du changement

Guillaume Barbat, dans sa présentation de l'ODD 7, souligne que KEDGE Business School propose à ses étudiants des outils concrets pour réduire leur consommation énergétique au quotidien — en matière de mobilité durable, de logement ou encore de numérique responsable.

KEDGE forme des leaders capables d'intégrer les enjeux de transition énergétique dans leurs stratégies d'entreprise : évaluation des risques climatiques, politique RSE, investissement responsable, innovation dans les énergies renouvelables. Des compétences aujourd'hui indispensables, quelle que soit la filière.

L'énergie propre : un défi collectif, une urgence individuelle

La transition énergétique n'est pas un horizon lointain. C'est un chantier ouvert, qui exige des compétences, des convictions et des engagements à tous les niveaux — individuel, institutionnel, international.

Comme le rappelle Guillaume Barbat, notre addiction aux énergies fossiles peut rendre l'objectif de l'ODD 7 parfois difficile à atteindre. Mais la prise de conscience collective est réelle, et les solutions existent. 

Le Révélateur : quand les ODD entrent dans l'oral d'admission

L'engagement de KEDGE envers les Objectifs de Développement Durable ne commence pas après l'admission — il commence dès l'entretien de personnalité. Depuis 2024, les oraux d'admission du Programme Grande École s'organisent autour d'un dispositif inédit : le Révélateur.
Conçu pour révéler le potentiel et les qualités uniques de chaque candidat, le Révélateur structure l'entretien de 30 minutes autour d'un jeu de cinq cartes tirées au sort :

  • La carte Trait d'union — détermine l'un des 17 ODD auquel le candidat devra faire référence tout au long de l'entretien.
  • La carte Autoportrait — un mot pour guider la présentation du parcours personnel, en 3 minutes.
  • La carte Trait de pensée — une affirmation à défendre ou contredire, avec invitation à établir des liens avec l'ODD tiré.
  • La carte Trait d'action — un verbe d'action pour proposer des idées concrètes et originales en lien avec l'ODD.
  • La carte Trait d'esprit — un court paradoxe à explorer, qui révèle réactivité, adaptabilité et vivacité d'esprit. 

FAQ — ODD 7 : Énergie propre et d'un coût abordable

Qu'est-ce que l'ODD 7 et quels sont ses objectifs ?

L'ODD 7 — Énergie propre et d'un coût abordable — est l'un des 17 Objectifs de Développement Durable fixés par l'ONU à horizon 2030. Comme l'explique Guillaume Barbat, professeur à KEDGE Business School, il vise à opérer une transition vers un modèle de production et de consommation d'énergie "plus durable, plus efficace et plus équitable". Concrètement, cela passe par quatre leviers : réduire la précarité énergétique, augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix mondial, limiter le gaspillage énergétique et renforcer la coopération internationale sur les technologies propres.

Qu'est-ce que la précarité énergétique et qui concerne-t-elle ?

La précarité énergétique désigne l'impossibilité d'accéder à des services énergétiques suffisants, fiables et abordables. Elle est loin d'être un problème uniquement lié aux pays en développement. Selon les données citées par Guillaume Barbat, près de 9 % de l'humanité n'avaient pas accès à l'énergie en 2021, et le taux d'électrification en Afrique subsaharienne reste inférieur à 50 %. Ces inégalités d'accès conditionnent directement le développement économique, l'emploi, le logement et la santé des populations concernées.